Vaccin contre le Covid-19 : « seul espoir », « pas assez de recul »… qu’en pensent les internautes de « Sud Ouest » ?

Vaccin contre le Covid-19 : « seul espoir », « pas assez de recul »… qu’en pensent les internautes de « Sud Ouest » ?

D’après notre consultation, les internautes sont très partagés sur leur volonté de se faire vacciner contre le coronavirus. Voici quelques-uns de leurs arguments.

Le 3 décembre, le gouvernement a commencé à présenter le plan de vaccination contre le coronavirus. Cette vaste campagne devrait s’opérer par phases à partir de la fin décembre ou du tout début d’année 2021. Mais les Français sont-ils prêts à se faire vacciner ? Selon un dernier sondage pour l’agence Santé Publique France, seuls 53% des Français interrogés répondent favorablement. Un résultat en net recul par rapport à cet été (64%).

Un peu plus de 2000 personnes ont répondu à notre consultation en ligne « Etes-vous prêt à vous faire vacciner contre le virus ? ». Les résultats sont également très serrés. 48,5% des répondants disent vouloir se faire vacciner, 44,6% ne le souhaitent pas et près de 7% sont encore indécis. Les résultats de cette consultation seront aussi l’objet de l’émission « Ça fait débat », à suivre ce mardi soir, à 18 heures, en direct sur TV7 et sudouest.fr.

Sud Ouest

Ils sont POUR : « Le maximum de précautions »

Chez les pro-vaccin, le mot « confiance » revient le plus souvent. Confiance en la médecine, en les chercheurs… C’est le cas d’Aiden, un Lillois de 23 ans, pour qui « même si certaines procédures d’approbation du vaccin ont été accélérées, je suis confiant sur le fait que les protocoles de test du vaccin ont été précautionneusement suivis ». Aline, elle, estime que « ce vaccin est notre seul espoir. On se vaccine depuis des années contre toutes sortes de maladies. »LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE

Pour Serge, un Bordelais de 60 ans, les médecins « ne vaccineront pas si des doutes subsistent ». « Tant les laboratoires que les autorités sanitaires se savent regardés, surtout en France où la méfiance contre les vaccins est forte. Même si tout cela se fait dans l’urgence et que l’on manquera nécessairement de recul, je pense que tous prendront le maximum de précautions », abonde Romain.

De nombreux internautes souhaitent aussi se faire vacciner dans l’espoir de reprendre une vie normale, à l’image du médocain Lucas.

La vie qu’on mène en ce moment n’est pas la vie que je souhaite, rire, s’amuser, voir ses amis, faire du sport, embrasser sa famille, tout ça ne sera possible qu’en cas d’une vaccination massive. »

D’autres s’inquiètent des conséquences économiques et sociales de la crise sanitaire. « Je ne veux plus voir mon pays se scléroser à petit feu ni les prochains mois des dizaines de milliers de décès supplémentaires dus au Covid ou à ses dommages collatéraux, dont le chômage », s’inquiète Jean-Michel, à Asson dans le Béarn. 

À Chambéry, Pierre, âgé de 57 ans, rappelle qu’il « faut atteindre l’immunité collective » pour venir à bout du virus. « Et cela passe par la vaccination de 60% au moins de la population. » Pour Jean-Claude, dans les Landes, le vaccin devrait être « obligatoire ». Ce que ne souhaite pas le gouvernement. Katia, une Lot-et-Garonnaise, estime que se faire vacciner est « un acte altruiste ». « Me faire vacciner, c’est me protéger mais surtout protéger les personnes les plus vulnérables. »

Pascal, à Saintes, fait justement partie de ces personnes vulnérables. Il se fera vacciner car il se dit « lassé de vivre en étant stressé et angoissé ».

Ils sont CONTRE : « Prenons le temps »

Chez les personnes qui ne veulent pas se faire vacciner, beaucoup évoquent « un manque de recul », à cause de la rapidité avec laquelle les vaccins ont été conçus. Jean-Luc, 70 ans, avoue n’avoir « pas confiance du tout ». Cédric, à Périgueux, dit n’avoir « aucune confiance dans les labos pharmaceutiques ». Pierre, lui, craint « une course aux milliards des labos ».

Parmi les sceptiques, on trouve quelques pro-vaccins. « Je ne nie pas leur utilité bien au contraire mais de voir arriver un vaccin si vite me laisse dubitatif », explique Patrick, 66 ans.

Bruno, lui, a le sentiment qu’il y a urgence pour les pouvoirs publics de trouver une solution.

Alors on va vite pour passer à autre chose. Une pandémie ne s’est jamais traitée à la va-vite. Prenons le temps de s’assurer d’un traitement fiable et la population se rangera avec confiance. »

De nombreux internautes s’inquiètent de possibles effets indésirables. « Il y en a forcément », juge Monique. Cindy, à Mérignac, s’interroge : « Est-ce que pour les personnes fragiles ou malades, ça ne craint rien ? » 

« Je trouve que ce vaccin a été trouvé rapidement. Or, même s’il a été testé, va-t-il nous protéger du virus en lui-même, ou d’une forme du virus, combien de temps ? Vu que le virus mute, est-il compatible à toute forme de mutation ? » se questionne aussi Clément, un Bordelais de 24 ans.

« Ne nous jetons pas tête baissée sur les technologies les plus novatrices »

Beaucoup affirment ne pas vouloir servir de « cobaye », à l’image de Philippe, 61 ans. Valérie préfère attendre « de voir ce que ça donne sur le public prioritaire, si tant est qu’il y ait de la transparence de ce côté-là ». Certains, comme Chantal, ne veulent entendre parler que d’ »un vaccin français », comme celui de l’Institut Pasteur.

Enfin, plusieurs internautes se disent inquiets concernant les vaccins dits à « ARN messager » (l’injection d’un matériel génétique proche de l’ADN). « C’est la première fois qu’on utilise aussi massivement un produit nouveau et un principe de fonctionnement (ARN) absolument pas éprouvé. Prenons du recul et voyons après. Ou au moins ne nous jetons pas tête baissée sur les technologies les plus novatrices », juge François.

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