Vaccin anti Covid : quels effets secondaires ? Les derniers chiffres

Vaccin anti Covid : quels effets secondaires ? Les derniers chiffres

Un nouveau rapport sur les effets secondaires du vaccin anti-Covid a été communiqué par l’Agence nationale de sécurité du médicament, qui n’inclut pas, pour l’heure, le vaccin AstraZeneca, dont l’usage est encore trop peu répandu en France. Concernant les vaccins Pfizer/BioNtech et Moderna, l’ANSM pointe, entre le début de la campagne fin décembre 2020 le 4 février dernier, date de fin du rapport, 2 140 cas d’effets indésirables directement liés à la vaccination, ce qui représente 0,1% des personnes vaccinées.

Dans le détail, on note 78% de cas non-graves (malaise, température, anomalie gastro-intestinales, réaction cutanée, difficulté respiratoire…). Les 22% de cas restants, considérés comme graves, ont majoritairement été victimes de tachycardie ou d’anaphylaxie. On compte pour l’heure 85 décès ayant suivi une vaccination contre le Covid-19, mais « les données actuelles ne permettent pas de conclure qu’ils sont liés à la vaccination », précise l’ANSM.

Quels sont les effets secondaires du vaccin contre le Covid ?

Aux Etats-Unis comme en Europe et en France, la distribution des vaccins anti-Covid se poursuit. Cette vague de vaccination ne se fait pas sans désagréments et cela était prévu, comme l’avaient averti dès fin 2020 des médecins américains, qui ont encouragé les responsables de la santé publique ainsi les laboratoires à avertir la population sur les effets secondaires des vaccins. A l’occasion d’une réunion avec les conseillers des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains (CDC), le docteure Sandra Fryhofer s’est interrogée sur la possibilité que de nombreuses personnes renoncent à se faire administrer la deuxième dose du vaccin, découragés par ces effets secondaires justement.

Les principaux effets secondaires constatés par les personnes vaccinées avec les doses de Pfizer et Moderna ont témoigné en faisant état de fièvre élevée, des courbatures, des maux de tête et de grande fatigue ressentis après avoir été vacciné. Mais il s’agit de phénomène on ne peut plus normal, à en croire Bruno Pitard, chercheur du CNRS au Centre de cancérologie et d’immunologie Nantes-Angers, interrogé par Ouest France. « Un vaccin n’est jamais indolore, ce n’est pas un Doliprane. C’est totalement normal qu’il y ait des effets secondaires. (…) On injecte le vaccin dans le muscle pour le système immunitaire donc ce sont des effets secondaires communs, il n’y a rien d’étonnant », estime-t-il.

Une seule dose suffit-elle pour les personnes ayant déjà été contaminées ?

Les personnes qui ont été contaminées par le coronavirus « conservent une mémoire immunitaire », écrit la Haute autorité de santé dans un avis publié vendredi 12 février. C’est pour cette raison qu’elle recommande de n’injecter qu’une seule dose de vaccin, au lieu de deux, aux personnes déjà touchées par le Covid-19, et ce, « quelle que soit l’ancienneté de l’infection ». « La dose unique de vaccin jouera ainsi un rôle de rappel », ajoute la HAS. La campagne de vaccination a débuté fin décembre 2020 et plus de 2 millions de personnes ont reçu au moins une dose des trois vaccins autorisés pour le moment en France. Ne sont pas concernées les personnes qui présentent une immunodépression avérée et celles qui ont été infectées dans les jours qui ont suivi une première vaccination. 

Les autorités sanitaires précisent de nouveau leurs recommandations autour de l’immunité et du vaccin. « Les personnes ayant eu une infection par le SARS-CoV-2, confirmée par un test RT-PCR ou antigénique, qu’elles aient ou non développé une forme symptomatique de la Covid-19, doivent être considérées comme protégées pendant au moins 3 mois par l’immunité post-infectieuse », indique le communiqué. La Haute autorité de santé recommande ainsi aux personnes déjà infectées par le Covid-19 d’attendre trois mois après la fin des symptômes pour se faire vacciner, et de ne pas attendre plus de six mois. Pour rendre cet avis, la HAS s’est basée sur les travaux de la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF) ainsi que sur une étude britannique détaillée par Franceinfo. Cette dernière avance que les personnes qui ont contracté le virus présentent plus d’anticorps après l’injection d’une dose que les personnes qui n’ont pas été infectées après l’injection de deux doses. 

Quels sont les différents vaccins contre le Covid-19 ?

La course au vaccin contre le Covid aura été l’enjeu sanitaire mais aussi économique de ces derniers mois, les grands laboratoires pharmaceutiques en ayant fait une priorité. C’est l’américain Pfizer allié à l’allemand BioNTech qui a raflé la mise en fin d’année 2020 en étant le premier à apporter une réponse positive à la batterie de tests menés. Le 9 novembre, son candidat vaccin Comirnaty montrait une efficacité de 90% à la suite d’une analyse intermédiaire de l’essai clinique de phase 3, dernier stade avant l’homologation. Quelques jours plus tard un autre labo Américain, Moderna, démontrait avoir obtenu des résultats similaires. Ils seront suivis par d’autres

Laboratoire – nom du vaccinEfficacitéFonctionnementDisponibilité Doses commandées par l’UE
Pfizer / BioNTech95%Vaccin de type ARNDisponible en UE300 millions
Moderna94,5%Vaccin de type ARNDisponible en UE160 millions
AstraZeneca70%Vaccin à vecteur viralDisponible en UE400 millions
Sputnik V95%Vaccin à vecteur viralDisponible hors UE0
Sinovac50%Vaccin inactivéDisponible hors UE0
Cansino biologicsEvaluation en coursVaccin à vecteur viralDisponible hors UE0
Janssen / Johnson & JohnsonEvaluation en coursVaccin à vecteur viralPrintemps 2021400 millions
SinopharmEvaluation en coursVaccin inactivéDisponible hors UE0
NovavaxEvaluation en coursVaccin protéïquePrintemps 20210
BharatEvaluation en coursVaccin inactivéPrintemps 20210
CurevacEvaluation en coursVaccin de type ARNNon communiqué405 millions
ValvenaEvaluation en coursVaccin inactivéNon communiqué0

Sanofi, Moderna, Pfizer… Comment fonctionnent les vaccins contre le Covid ?

Si les vaccins des différents laboratoires ont le même objectif, à savoir immuniser contre le Covid-19, tous n’emploient pas la même technique pour ce faire. Il existe des fonctionnements diverses :

  • Pfizer et Moderna utilisent tous les deux la technique de l’ARN Messager. Cette dernière vise à donner au corps les informations génétiques nécessaires pour déclencher une protection contre le virus. L’ARN messager du vaccin s’insère et prend le contrôle de cette machinerie pour faire fabriquer un antigène spécifique du coronavirus : la  » spicule » du coronavirus, sa pointe si reconnaissable qui se trouve à sa surface et lui permet de s’attacher aux cellules humaines pour les pénétrer. Cette pointe, inoffensive en elle-même, sera ensuite détectée par le système immunitaire qui va produire des anticorps, et ces anticorps vont rester. Cette méthode jamais utilisée pour l’homme pourrait provoquer quelques complications notamment sur la conservation du vaccin qui se ferait à de très basses températures.
  • AstraZeneca, Sputnik et Johnson&Johnson utilisent la technique du vecteur viral. Contrairement au procédé originel, celui-ci, relativement récent à l’échelle de l’histoire de la vaccination, n’injecte pas l’agent infectieux d’une pathologie, en l’occurrence le Covid-19, sous forme vivante ou inactive. A la place, on injecte à l’Homme un « vecteur inoffensif contenant un ou plusieurs gènes de l’agent infectieux codant les antigènes capables d’être reconnus par le système immunitaire », comme l’indique le site de la fédération pour la recherche sur le cerveau. Il existe deux types de vecteurs viraux. Il y a ceux qui sont dits intégratifs, lorsque l’ADN du vecteur viral s’intègre dans l’ADN de l’hôte et les non intégratifs, lorsque le gène thérapeutique demeure dans la cellule sans s’intégrer au génome de l’hôte (Source : Inserm). Plusieurs vaccins bien connus utilisent cette technique, à l’image du sérums contre l’hépatite B.
  • Sanofi, le vaccin français, utilise la technique à base de protéine recombinante. Il s’agit d’une protéine produite par une cellule dont le génome a été transformé par recombinaison génétique.

Quels vaccins contre le Covid ont été commandés par la France ?

La France compte investir 1,5 milliard d’euros en 2021 pour les différentes campagnes de vaccination. Pour l’heure, seuls deux vaccins sont autorisés dans l’Hexagone : Pfizer et Moderna, dont le gouvernement a passé commande pour, à terme, respectivement 50 et 24 millions de doses, via une commande globale de l’Union européenne pour les Etats membres. Six autres vaccins ont fait l’objet de commandes, réparties entre les laboratoires suivants : AstraZeneca (44 millions de doses commandées), Sanofi-GSK (45 millions), Johnson&Johnson (35 millions) et CureVac (34 millions).

Des réactions allergiques peuvent-elle être provoquées par le vaccin anti-Covid ?

Depuis que la vaccination a débuté dans plusieurs pays, la pharmacovigilance est naturellement de mise. Chaque information émanant des personnes vaccinées sont analysées et traitées afin d’en savoir plus, chaque jour, sur ce fameux vaccin. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, où le vaccin de Pfizer/BioNtech est administré depuis la mi-décembre, plusieurs personnes vaccinées – en l’occurrence des soignants – ont développé de graves réactions allergiques suite à l’injection, l’une d’entre elle ayant par exemple été victime d’un choc anaphylactique seulement dix minutes après la prise du vaccin. Si toutes ces personnes ont récupéré depuis, cela pose tout de même question. A tel point que les autorités sanitaires américaines et britanniques ont réagi en prenant des mesures.

Aux Etats-Unis, il est désormais conseillé que la vaccination ne soit pratiquée uniquement dans des établissements disposant d’équipements spéciaux, notamment d’oxygène et d’épinéphrine, alors qu’au Royaume-Uni, les personnes ayant déjà été victimes de fortes allergies sont même priées de ne pas se faire vacciner pour l’instant. En France, on reste plus mesuré, à l’image du communiqué de la Fédération française d’allergologie. « Les antécédents d’allergie ou d’anaphylaxie ne constituent en aucun cas une contre-indication systématique à cette vaccination », peut-on lire. Quoi qu’il en soit, ces cas d’allergie post-vaccination sont suivis de très près et des études sont en cours pour en déterminer la cause. L’Agence américaine des médicaments (FDA) s’est dite « au courant d’informations sur une réaction anaphylactique chez une personne ayant reçu le vaccin contre le Covid-19. L’agence va continuer à travailler avec les CDC (Centres de prévention des maladies) et Pfizer pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé », twittait la FDA lors de la découverte du premier cas.

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