Témoignage : j’ai vaincu ma vulvodynie

Témoignage : j’ai vaincu ma vulvodynie

Pendant des années, faire l’amour a rimé avec douleur pour Daphné, 37 ans. Sans jamais renoncer, elle a réapprivoisé son intimité jusqu’à retrouver une sexualité harmonieuse. Récit d’une reconquête.

Au début de ma vie sexuelle, tout se passait bien, puis des douleurs semblables à des coups de couteau, des brûlures et des démangeaisons sont apparues au niveau de la vulve et du vagin, jusqu’à empêcher la pénétration. Désemparée, j’ai consulté. Mais la gynécologue s’est montrée indélicate, voire violente, lors de l’examen au spéculum comme dans ses propos :” Il n’y a rien, c’est dans la tête ! Vous n’avez qu’à changer de partenaire ou vous détendre.” Je suis repartie sans même un nom de sexologue pour m’aider, seule avec mes douleurs, qui se sont peu à peu aussi manifestées en dehors des rapports. Un second gynécologue a diagnostiqué une mycose sans pertes blanches, bien que les prélèvements soient tous négatifs.SUR LE MÊME SUJET

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LES SYMPTÔMES DE LA VULVODYNIE

Durant deux ans, j’ai pris des antimycosiques sans amélioration, jusqu’à ce que je découvre sur Internet que mes symptômes correspondaient à un vaginisme secondaire, à savoir un vaginisme consécutif à une première pathologie. En ce qui me concerne, une vulvodynie, des douleurs vulvaires chroniques. À la base, cela n’empêche pas la pénétration, mais, à force de souffrir, le corps déclenche des contractions-réflexes des muscles du périnée, ce qui verrouille ceux à l’entrée du vagin. On ne connaît pas forcément l’origine de la vulvodynie, j’ai personnellement subi des viols, enfant, mais je ne suis pas certaine que tout vienne de là…

Lorsque j’ai rencontré un autre amoureux, je me suis aussitôt interrogée : “Vais-je être capable de faire l’amour ?” La première fois, j’ai eu l’impression de ne plus avoir de vagin, tant la pénétration fut impossible, mais il a très bien réagi : “Ce n’est pas grave, il y a plein d’autres façons de faire l’amour.” Résultat, la pression qui m’étreignait s’est dissipée et, à 26 ans, j’ai retrouvé une sexualité normale.

J’AI DÛ PROSCRIRE LES VÊTEMENTS SERRÉS

Ce qui a aussi dû m’aider à me décontracter, c’est qu’à l’époque je prenais des antidépresseurs et des anxiolytiques pour supporter la pression de mes études. Notre histoire s’est terminée et, avec mon nouvel amoureux, les douleurs sont revenues, quasi omniprésentes, pendant et en dehors des rapports. J’ai dû proscrire les vêtements serrés – pour avoir juste essayé un pantalon slim dans un magasin, j’ai hurlé de douleur -, ainsi que la lingerie en dentelle avec des coutures. Seul le coton était supportable. À la maison, je portais des joggings pour limiter les frottements sur la vulve et, au quotidien, des robes avec des collants larges. Chaque matin, j’appliquais sur la vulve de l’huile de jojoba bio pure, sans parfum, réputée très proche du sébum. Cette huile fait des miracles ! Sans, je n’aurais pas supporté la journée, en étant habillée. Je mettais aussi du coton dans la culotte pour me préserver des contacts, sachant qu’assise la douleur décuplait.

J’AI REFUSÉ LES CRÈMES ANESTHÉSIANTES

Parfois douleur et plaisir pouvaient être liés. Sexuellement, ce n’était pas un pénis, mais une aiguille ou un couteau qui me transperçait. J’ai toujours refusé de mettre une crème anesthésiante pour faire l’amour. Quel intérêt de ne rien ressentir ? Quant aux exercices avec des bougies vaginales pour ouvrir peu à peu le vagin, ça me déplaisait aussi.

Quand je prenais l’initiative de faire l’amour, j’avais souvent moins mal, peut-être parce que mon corps était prêt, mais lorsque c’était mon ami, même si j’avais du désir, car je ne me suis jamais forcée, c’était douloureux. Mon cerveau était peut-être au rendez-vous, mais moins mon corps. Cela dit, parfois, douleur et plaisir pouvaient aussi être liés. Ou alors je n’avais pas mal, mais je n’éprouvais rien, comme si j’étais anesthésiée. C’est très pervers.

12 À 15% DES FEMMES EN SOUFRENT À UN MOMENT DE LEUR VIE

Le vrai tournant vers ma guérison passe par ma rencontre avec l’association Les clés de Vénus qui milite pour une sexualité sans douleur, informe et soutient les 12 à 15% de femmes qui vont souffrir de ces troubles à un moment de leur vie. On m’a recommandé une dermatologue vulvaire, qui a confirmé le diagnostic que j’avais posé seule. Elle m’a prescrit de la kinésithérapie spécifique, mais aucun kiné près de chez moi ne connaissait la vulvodynie. J’ai donc fait de la rééducation pour apprendre à relâcher le périnée, j’ai travaillé sur ma respiration ventrale et éliminé mes contractures dorsales. Le kiné m’a expliqué que les contractures réparties dans mon corps se répercutaient dans le bassin et au niveau pelvien. Ainsi, un an et demi plus tard, à raison de deux séances par semaine, j’étais guérie de mes douleurs vulvaires.

Aujourd’hui, j’ai une sexualité épanouie avec celui qui est mon mari depuis 3 ans. Notre complicité nous permet de dédramatiser avec humour lorsque, parfois, la pénétration est plus sensible. Il me valorise, ainsi je ne me vois plus comme une femme incapable de faire l’amour, mais une femme heureuse, libre dans son corps et dans son intimité.

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