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Molenbeek : un élu demande que le vaccin AstraZeneca ne soit pas administré dans le centre de vaccination qui ouvre lundi

Est-il possible d’empêcher que le vaccin AstraZeneca contre le coronavirus soit administré dans un centre régional de vaccination, celui de Molenbeek, qui ouvre ses portes ce lundi 15 mars ? C’est ce que demande le conseiller communal Rachid Ben Salah (DéFI). Pour lui, « au vu de la situation européenne et du nombre de pays qui suspendent l’administration du vaccin concerné, je demande le principe de précaution. Il est nécessaire d’avoir une vue claire de la situation au sujet d’un vaccin qui pose problème« .
De quels problèmes parle-t-on ? Plusieurs pays, d’abord le Danemark puis la Norvège, l’Islande ou encore l’Italie ont suspendu l’administration du vaccin AstraZeneca par précaution. En cause : des cas d’événements thromboemboliques (caillots sanguins) rapportés parmi les cinq millions de personnes vaccinées avec l’AstraZeneca dans l’Espace économique européen. En Belgique, depuis ce samedi, on compte deux cas suspects, selon Sudpresse. L’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) demande néanmoins la poursuite de l’administration du vaccin. « Pas d’inquiétude actuellement« , dit l’agence. Pour le groupe pharmaceutique britannique, il n’y a « aucune preuve de risque aggravé » de caillot sanguin.

Le mettre au frigo le temps d’avoir une vue un peu plus claire

Ceci étant, comme l’a montré la crise sanitaire à plusieurs reprises, les craintes sont réelles. Les appelés à la vaccination de plus de 65 ans s’interrogent. Des annulations sont recensées. Des craintes à entendre selon le conseiller communal DéFi.

« Pour sauver de vies, il n’est pas trop tard. Je suis pour la vaccination, il est nécessaire de se faire vacciner. Néanmoins, il y a d’autres vaccins qui, eux, ne posent pas problème, qui sont administrés dans de nombreux pays y compris dans les pays qui ont recalé l’AstraZeneca. Il serait intéressant de mettre ce vaccin en particulier au frigo le temps de pouvoir avoir une vue un peu plus claire« . Le mandataire invoque « la responsabilité » de l’autorité communale et celle de l’autorité régionale.

En Région bruxelloise, le centre de vaccination de Molenbeek (chaussée de Gand, 696) ouvre ce lundi 15 mars comme trois autres centres à Woluwe-Saint-Pierre (Joli-Bois), Schaerbeek (Crossing) et Forest (avenue Jupiter). Ils s’ajoutent aux deux déjà actifs depuis février (Heysel et Pachéco). Des centres locaux coordonnés et financés par la Cocom (Région bruxelloise). Ce ne sont pas les communes qui décident par exemple quels vaccins y seront distribués, ni en quelles quantités, ni pour quel citoyen. D’ailleurs, la Cocom est également tributaire des fabricants de vaccin.

La bourgmestre de Molenbeek, Catherine Moureaux (PS) le rappelle : la politique de vaccination est régionale, « nous sommes opérateurs et mettons nos moyens à disposition pour rapprocher le plus possible la vaccination des citoyens. C’est important pour Molenbeek d’avoir un centre de vaccination. Nous avons été quasiment les premiers à nous inscrire pour ouvrir un centre sur notre territoire. Mais ce n’est pas nous qui choisissons qui est vacciné ni quel vaccin sera administré. Nous sommes le bras opérateur de la politique de vaccination fédérale et régionale.«

Jouer sur la peur des gens, cela n’a pas de sens

Tant les niveaux fédéral que régional ont tranché, pour l’instat. Jeudi, la vice-Première ministre Groen Petra De Sutter a déclaré qu' »aucune dose du lot de vaccins AstraZeneca suspecté dans des problèmes de santé au Danemark n’a été livrée à la Belgique« . Le cabinet du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (sp.a) a également indiqué que « l’Agence danoise de la santé souligne qu’actuellement aucun lien de causalité n’a encore pu être établi entre les cas de caillots sanguins et le vaccin AstraZeneca« . La Région bruxelloise rappelle que le vaccin AstraZeneca a été autorisé par l’Europe (laquelle n’a pas hésité au travers de l’Agence européenne des médicaments (EMA) à ouvrir une enquête).

« Le débat parlementaire autour du vaccin AstraZeneca est légitime. Mais le niveau communal n’est pas la bonne place« , commente par ailleurs Catherine Moureaux. « Jouer sur la peur des gens, cela n’a pas de sens. Ce n’est pas le moment d’en rajouter.«

Complet à Woluwe-Saint-Pierre

De l’autre côté de la Région bruxelloise, le centre de Woluwe-Saint-Pierre administrera son premier vaccin lundi à 13h. « Nous nous attendions à des désistements suite aux informations venues du Danemark. Nous n’en avons pas. Nous sommes même complets pour la semaine prochaine« , renseigne le bourgmestre Benoît Cerexhe (cdH) rappelant que sa commune compte une population âgée (environ 20% contre une moyenne régionale de 13%).

« Notre commune a entrepris la démarche pour obtenir un centre de vaccination. Mais les protocoles autour des vaccins ne dépendent pas de nous. Si l’on considère qu’un vaccin pose un problème de santé publique, on pourrait envisager qu’un bourgmestre prenne un arrêté. Mais ce texte devra être dûment motivé. Sur base de quelles motivations un bourgmestre pourrait prendre un arrêté en ce sens, alors que les autorités sanitaires fédérales ne s’opposent pas à l’administration du vaccin AstraZeneca ? Je n’en vois pas. C’est clair : la confiance du citoyen envers le Fédéral et la Région bruxelloise a été fortement entamée. Au cours de cette crise sanitaire. Il n’empêche : en tant que bourgmestre, je n’ai aucun élément pour dire qu’il ne faut pas administrer un vaccin plutôt qu’un autre.«

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