La multiplication des variants du coronavirus aux États-Unis inquiète les scientifiques

Alors qu’il séquençait des échantillons de SARS-CoV-2, le virologue Jeremy Kamil du centre des sciences de la santé de l’Université de l’État de Louisiane (États-Unis) a découvert de nouveaux variants américains du coronavirus, liés à des mutations du même acide aminé. Une découverte qui inquiète les scientifiques, car ces évolutions du virus dans la même direction pourraient faciliter sa pénétration dans les cellules humaines, comme le rapporte un article du New York Times.

Une mutation du 677e acide aminé

« Il y a clairement quelque chose qui se passe avec cette mutation », développe le chercheur au journal new-yorkais. Dans une étude pré-publiée dans medRxiv ce 14 février 2021, son équipe a signalé pas moins de sept lignées croissantes du coronavirus, repérées dans différents États américains et remontant pour certaines à octobre 2020. Or toutes ont développé une mutation dans la même lettre génétique (677e acide aminé). Et s’ils ne savent pas encore si ces souches sont plus contagieuses, les scientifiques sont sur le qui-vive.

Inquiétante modification des protéines de pointe

Et pour cause, ces nouvelles mutations pourraient vraisemblablement affecter la facilité avec laquelle le coronavirus s’introduit dans nos cellules. En fait, en simplifiant, une personne se trouve infectée quand le virus utilise ses protéines de pointe pour s’accrocher à la surface d’une cellule. Ses bras en « harpon » le rapproche finalement au plus près, pour qu’il lui délivre ses gènes. Or pour éviter cette invasion, la protéine de pointe doit se heurter à une protéine humaine sur surface de la cellule. La « pointe invasive » ne peut alors plus s’activer.

Or il se trouve que la mutation 677 modifie spécifiquement la protéine de pointe, à l’endroit même où nos protéines défenseuses attaquent le virus. Cette modification pourrait ainsi éventuellement faciliter « l’activation de la pointe » de l’envahisseur.

Plus contagieux et plus dangereux ?

L’étude doit encore être examinée par d’autres scientifiques. En attendant, ses auteurs indiquent au New York Times que des expériences supplémentaires seront nécessaires pour évaluer si ces variants ont un potentiel impact sur la transmission ou la morbidité du virus. Il est difficile pour le moment d’identifier leur prévalence aux États-Unis, car le séquençage du génome y reste limité. Le variant britannique (B.1.1.7), quant à lui bien plus transmissible que les autres souches, continue à se propager dans le pays et dans le monde.

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