Face au Covid-19, la Belgique restreint les libertés sociales

Face au Covid-19, la Belgique restreint les libertés sociales

La multiplication des contaminations à Anvers a conduit la Belgique à durcir les règles d’hygiène. Le couvre-feu est décrété dans cette ville.

La crainte d’une deuxième vague de Covid-19 se fait jour à Anvers, le plus important foyer épidémique de Belgique. Le gouvernement fédéral a été contraint de prendre des mesures restreignant de nouveau les libertés sociales sur l’ensemble du pays. Elles entrent en vigueur aujourd’hui. Les Belges sont appelés à restreindre leurs « bulles sociales » : ils ne doivent fréquenter que 5 personnes par foyer, au lieu de 15 auparavant, exception faite des enfants de moins de 12 ans.

Les fêtes privées, rassemblements familiaux, mariages et autres réunions sociales sont limités à 10 personnes maximum (sauf enfants de moins de 12 ans) en observant une distanciation physique de 1,5 m. Le port du masque est fortement recommandé. S’agissant des événements publics, la jauge maximale est fixée à 100 personnes en intérieur et à 200 personnes à l’extérieur, avec port du masque obligatoire. Dans les magasins, les Belges sont invités à faire leurs courses en solitaire et en moins de trente minutes.

Anvers cumule 711 cas en 7 jours

La recrudescence des cas de coronavirus en Belgique est préoccupante, surtout dans la province d’Anvers qui, selon les jours, concentre entre la moitié et un tiers des nouvelles contaminations. Du 13 au 19 juillet, 498 cas de Covid-19 ont été détectés dans la province d’Anvers. La seule ville d’Anvers concentre 711 cas sur 7 jours, loin devant la deuxième municipalité la plus touchée, Charleroi, avec 41 cas. Le couvre-feu a été décrété à Anvers et s’appliquera de 23 h 30 à 6 heures du matin. La Première ministre, Sophie Wilmès, avait parlé d’« embrasement épidémiologique » s’agissant de cette métropole peuplée de plus de 500 000 habitants. Le télétravail est de nouveau fortement recommandé. Sur l’ensemble de la Belgique, la progression des cas de coronavirus est de 70 % dans la semaine du 19 au 25 juillet par rapport à la semaine précédente, soit plus de 327 cas, selon les données de l‘institut de santé publique Sciensano.

L’inquiétude suscitée par la situation anversoise se double d’une polémique typiquement belge. L’attitude du bourgmestre d’Anvers, le leader nationaliste flamand Bart De Wever, est fortement critiquée par ceux qui appellent la ville à se reconfiner avant la catastrophe. Rétif aux mesures de confinement, Bart De Wever, interrogé sur une radio, a estimé qu’Anvers n’était pas plus touchée qu’une autre ville belge mais qu’elle était « pointée du doigt » parce qu’on y pratiquait plus de tests et plus rapidement qu’ailleurs. « Sur certaines autres grandes villes, je me fais, honnêtement dit, du souci à propos de ce qu’elles savent », a-t-il répliqué.

Le ministre-président de la région de Bruxelles, Rudi Vervoort, s’est senti visé par l’allusion et a réagi sur Twitter aux propos du nationaliste flamand : « Bart De Wever cherchait un bouc émissaire pour détourner l’attention. La région est la victime toute désignée en raison de son mépris pour Bruxelles. J’en appelle à la maturité. Ce n’est pas le moment d’entrer en conflit, mais d’unir nos forces pour que nous puissions contrôler la propagation du virus. » Au 28 juillet, la Belgique cumulait 66 335 cas de Covid-19, dont 9 822 décès.

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