Dangerosité, contagiosité, efficacité des vaccins : ce que l’on sait du variant britannique

Dangerosité, contagiosité, efficacité des vaccins : ce que l’on sait du variant britannique

La propagation du nouveau variant britannique de coronavirus est au cœur des préoccupations des experts et autorités à travers le monde. On fait le point sur ce que l’on sait de cette nouvelle mutation, réputée bien plus contagieuse.

À quel point est-il plus contagieux ?

D’après une vaste étude menée au Royaume-Uni, dont l’épidémiologiste de l’université d’Oxford Koen Pouwels a fait écho mercredi sur les ondes de Radio 1, le variant britannique serait 30% plus contagieux : « Si l’on tient compte du temps qui s’écoule entre deux infections successives, on observe un taux d’infection supérieur de 30% », constate-t-il.

Certes, 30% c’est moins que les 70% précédemment annoncés. Toutefois, « 30% c’est encore très élevé, et très inquiétant », alerte Koen Pouwels. « Un variant 30% plus contagieux finira par causer beaucoup plus de problèmes qu’un variant 30% plus mortel. Il y a plus d’infections, plus d’hospitalisations, et cela peut aussi entraîner plus de décès », prévient-il.

Selon les chercheurs de l’Imperial College London, son taux de reproduction (R) serait entre 0,4 et 0,7 supérieur au virus habituel.

Les enfants sont-ils plus touchés ?

Autre élément de préoccupation : la propagation du variant chez les plus jeunes. « Nous ne voyons aucune différence en fonction de l’âge », poursuit l’épidémiologiste. « Ce variant britannique se propage aussi rapidement chez les enfants que chez les personnes d’autres tranches d’âge. Ce qui est également le cas avec d’autres variants. En chiffres absolus, nous constatons actuellement plus d’infections chez les enfants que chez les adultes. »

Les symptômes sont-ils différents ?

Voilà un point qui semble davantage rassurant. Si ce nouveau variant est bel et bien plus contagieux, les symptômes de la maladie resteraient les mêmes. Il n’entraînerait donc pas de forme plus grave de la maladie.

Si le variant britannique est plus dangereux, c’est à cause de sa charge virale plus importante, et donc de sa transmissibilité accrue.

Les vaccins actuels sont-ils efficaces contre la nouvelle souche ?

Selon les résultats de deux études préliminaires mises en ligne mercredi, le vaccin de BioNTech/Pfizer semble efficace contre le variant anglais du virus.

Pour évaluer l’efficacité du vaccin, les chercheurs ont confronté en laboratoire le variant anglais au plasma de 36 patients guéris après avoir subi des formes graves ou plus légères du Covid-19. «La majorité des échantillons» a été capable de «neutraliser» le variant, même si la «puissance» de neutralisation a été réduite dans 3 des échantillons.

Les chercheurs de BioNTech/Pfizer estiment qu’il est «improbable» que le variant anglais «échappe à la protection» de leur vaccin. Le cas échéant, ils soulignent que la «flexibilité» de la technologie de ce vaccin à ARN messager permettrait d’adapter le vaccin à une nouvelle souche du virus.

En ce qui concerne le vaccin Moderna, les tests sont toujours en cours. La société a indiqué s’attendre à ce que son vaccin soit également efficace contre la variante du virus.

D’autres variants vont-ils apparaître ?

Tous les experts s’accordent pour dire que l’on ne peut pas exclure l’apparition de nouvelles mutations du coronavirus tant que la pandémie n’est pas maîtrisée.

« La mutation du virus n’est pas une surprise, il faudra faire avec et d’autres variants apparaîtront», a notamment pointé le virologue Yves Van Laethem. «D’autres variants vont naître, c’est inévitable, et il faudra suivre l’immunité conférée par le vaccin vis-à-vis de ces différents variants.»

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