Covid-19. Pour traiter les cas graves, ne pas oublier les traitements

Covid-19. Pour traiter les cas graves, ne pas oublier les traitements

Le déploiement des vaccins ne rend pas caduque la recherche de thérapies efficaces contre les formes sévères. Entre pistes sérieuses et nombreuses déceptions.

Pour traiter les cas graves de Covid-19 et éviter qu’ils ne se dégradent en cas sévères, ou pour éviter que les cas sévères aient une issue fatale, les traitements ayant fait leurs preuves combinent l’oxygénothérapie, l’usage de corticoïdes (pour éviter la surréaction immunitaire) et d’anticoagulants (pour éviter AVC et embolies).

La bonne piste des anticorps monoclonaux

D’autres types de médicaments sont en gestation, mais le traitement par anticorps est la piste la plus prometteuse. Le principe est de sélectionner un ou des anticorps particulièrement performants contre le virus et de le ou les cloner afin d’en envoyer une grande quantité bloquer précocement l’infection, alors que les anticorps « naturels » ne sont pas encore prêts.

Deux premiers traitements ont reçu, en novembre, une autorisation d’urgence aux États-Unis : le REGN-Cov 2 de Regeneron, associant deux anticorps différents, et le bamlanivimab de Lilly, constitué d’un seul anticorps. Depuis, Lilly a associé son produit à un second anticorps, l’etesevimab.

L’Agence européenne des médicaments a entamé, le 1er février, l’examen continu de ces deux associations. La question clé est : quand injecter les anticorps ? A priori, au début des symptômes. Une étude de Lilly suggère un effet préventif, mais le prix de chaque dose se compte en milliers d’euros.

La plupart des firmes pharmaceutiques (mais aussi l’Institut Pasteur) suivent cette voie. À l’issue d’une réunion gouvernementale sur les traitements, début février, le lancement d’essais cliniques en France a été annoncé. Dans un communiqué publié mercredi, l’Académie de médecine plaide pour une autorisation rapide et la constitution de stocks.

Les limites de la plasmathérapie

La transfusion de plasma de personnes ayant développé des anticorps contre le virus fait l’objet de plusieurs études, a priori mitigées. Ce traitement est forcément moins puissant, mais plus « polyvalent » que l’approche par anticorps monoclonaux « artificiels ». L’approche polyclonale de Xenothera est à mi-chemin entre les deux logiques.

Les déceptions des médicaments repositionnés

Le repositionnement de médicaments, déjà utilisés pour d’autres maladies, a généré beaucoup (trop ?) d’espoirs au début de la pandémie. Il se solde surtout par des déceptions : hydroxychloroquine, lopinavir, tocilizumab, plus récemment remdesivir… La liste est très longue.

D’autres pistes, fragiles, car basées sur des études observationnelles (ou in vitro) et non sur des essais cliniques, apparaissent régulièrement. Parmi les plus récentes : certains antidépresseurs (de type Prozac), la colchicine (anti-inflammatoire), l’ivermectine (antiparasitaire).

On attend, au printemps, les résultats de l’essai du molnupiravir (antiviral) de MSD. Mais aussi du clofoctol (antibiotique) mené par l’Institut Pasteur de Lille, et annoncé à grand bruit (mais sans à l’époque donner le nom de la molécule). Moins mystérieuse, la supplémentation en vitamine D semble avoir un certain effet préventif chez les personnes âgées. Elle leur était déjà recommandée pour d’autres motifs.

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