Covid-19. Où en sont les recherches sur l’origine du virus ?

Après deux ans et demi de pandémie, les recherches sur l’origine du Covid-19 continuent. Quelles sont les conclusions du dernier rapport de l’OMS ? Quelles hypothèses ont été soulevées ? « Ouest-France » vous répond.

« Le Covid-19 est-il dû à une fuite d’un laboratoire ? Sinon, quel est le réservoir du virus ? », nous demande Guillaume. Alors que le Covid-19 circule encore énormément en Europe, que sait-on de son origine ? Où en sont les recherches à ce sujet ? On fait le point.

Plus de deux ans après le début de la pandémie, on ignore toujours l’origine du virus. Cependant, plusieurs hypothèses ont été soulevées par la communauté scientifique. Depuis plusieurs mois, une équipe scientifique composée d’experts de 27 pays différents, et convoquée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), enquête sur les origines du Sars-CoV-2. Un rapport préliminaire publié le 9 juin 2022 passe en revue les recherches déjà effectuées par cette équipe de chercheurs, sans donner de réponse définitive.

L’hypothèse de la fuite d’un laboratoire

Alors que la piste de l’accident de laboratoire avait été balayée par le premier rapport publié en mars 2021 par l’équipe conjointe OMS-Chine, elle refait aujourd’hui surface. L’équipe affirme que cette hypothèse nécessite « des investigations supplémentaires ».

Cette piste, si elle est évoquée depuis le début de la pandémie, n’est toujours pas avérée. Le rapport n’évoque aucune nouvelle donnée qui permettrait de l’étayer. De plus, cette théorie reste politiquement sensible. Des membres du groupe du Brésil, de Chine et de Russie se sont opposés à une enquête plus approfondie.

L’hypothèse de l’origine animale

Une des autres pistes soulevées par la communauté scientifique est le passage du virus de l’animal jusqu’à l’homme, ce qu’on appelle une « zoonose naturelle » . C’est lorsqu’une maladie infectieuse qui préexiste chez les animaux se transmet à l’homme et que l’on ne connaît pas le lieu où se serait produite l’infection. 

La première hypothèse avait été celle du pangolin, qui avait rapidement été écartée. « On note que le taux d’identité entre les séquences de SARS-CoV-2 et celles issues du pangolin n’atteint que 90,3 %, ce qui est bien inférieur aux taux habituellement observés entre les souches infectant l’humain et celles infectant l’hôte intermédiaire », explique le virologue Étienne Decroly dans une interview au journal du CNRS .

Des recherches ont également démontré l’existence du virus chez les chauves-souris« Un virus à 96 % identique au Sars-CoV-2 a été identifié chez des chauves-souris capturées en Chine. La chauve-souris est donc très vraisemblablement le réservoir du virus », affirmait l’institut Pasteur fin février 2020.

Des pistes, mais pas de certitudes

Plusieurs éléments s’opposent tout de même à la thèse des chauves-souris. Tout d’abord, les chauves-souris étudiées ne vivent pas dans la ville de Wuhan ni dans ses environs. De plus, l’animal-hôte, qui aurait été l’intermédiaire entre les chauves-souris et les êtres humains, n’a pas été identifié.

Il en va de même pour l’hypothèse selon laquelle le marché d’animaux de Wuhan aurait été un potentiel lieu d’origine de la pandémie. Les investigations ont montré qu’il avait joué un rôle d’accélérateur, mais qu’il n’en serait pas le point de départ.

En résumé, il n’est toujours pas possible de savoir quelle est l’origine exacte du Sars-CoV-2. Si deux principales hypothèses semblent se dessiner, elles restent pour le moment des pistes de recherche.

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