Covid-19 : non, l’ibuprofène n’aggrave pas l’infection

Selon une étude publiée samedi 8 mai, l’utilisation d’anti-inflammatoires « n’est pas associée à une augmentation de la mortalité » en cas de contamination.

Les recherches ont porté sur 72 000 patients. Prendre des médicaments anti-inflammatoires de la famille de l’ibuprofène n’augmente pas le risque de faire une forme grave du coronavirus ni d’en mourir, contrairement à ce que l’on craignait au début de la pandémie. « L’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) n’est pas associée à une augmentation de la mortalité ou de la gravité du Covid-19 », conclut cette vaste étude des autorités de santé britanniques, publiée samedi 8 mai dans la revue médicale The Lancet Rheumatology.

« Nous avons maintenant une preuve nette que les AINS peuvent être utilisés en toute sécurité chez les patients qui ont le Covid-19 », a commenté l’auteur principal de l’étude, le Pr Ewen Harrison (université d’Édimbourg), cité dans un communiqué. « Les AINS sont couramment utilisés à travers le monde dans de nombreuses situations, qui vont des douleurs bénignes au traitement de maladies chroniques », comme la polyarthrite rhumatoïde. « De nombreuses personnes comptent sur eux pour être capables de mener leurs activités quotidiennes », rappelle le chercheur.

L’usage d’ibuprofène un temps déconseillé par l’OMS

Les AINS sont une famille de médicaments anti-inflammatoires largement utilisés par le grand public en cas de fièvre avec douleurs. Elle comprend notamment l’ibuprofène, une substance active de médicaments très répandus, comme le Nurofen ou l’Advil, ou le kétoprofène. Des craintes sur les AINS avaient émergé au début de la pandémie de coronavirus. Elles étaient nourries par le fait que cette famille de médicaments est par ailleurs suspectée d’aggraver des infections, notamment bactériennes.

« La prise d’anti-inflammatoires [ibuprofène, cortisone…] pourrait être un facteur d’aggravation de l’infection » au coronavirus, avait tweetté en mars 2020 le ministre français de la Santé, Olivier Véran, en conseillant de privilégier le paracétamol en cas de fièvre. Dans la foulée, l’OMS avait recommandé aux personnes présentant des symptômes similaires à ceux du coronavirus de ne pas prendre de l’ibuprofène en automédication, sans prescription médicale. De son côté, l’Agence européenne des médicaments (EMA) avait souligné qu’« il n’y a actuellement aucune preuve scientifique établissant un lien entre l’ibuprofène et l’aggravation du coronavirus ».

« Aucune différence significative » avec ou sans anti-inflammatoire

Les auteurs de l’étude ont examiné les données de 72 000 malades du coronavirus admis dans 255 centres de soins d’Angleterre, d’Écosse et du pays de Galles entre janvier et août 2020. Parmi eux, 4 211 avaient pris des AINS (essentiellement de l’ibuprofène) avant leur hospitalisation. Selon l’étude, la proportion de décès était similaire chez les patients qui avaient pris des AINS et ceux qui n’en avaient pas pris (30,4 % et 31,3 %).

En outre, « au moment de l’admission à l’hôpital, nous n’avons observé aucune différence significative entre les deux groupes du point de vue de la gravité de l’état des patients », écrivent les chercheurs. Ils concèdent toutefois l’existence de certaines limites à leurs travaux. Parmi elles, le fait de ne pas savoir pendant combien de temps les patients avaient pris des AINS ni s’ils les prenaient sur le long terme pour des maladies chroniques ou occasionnellement pour des douleurs passagères.


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