Covid-19. La santé mentale des jeunes toujours fragilisée, deux ans après le début de la pandémie

Selon les spécialistes, la santé psychologique des adolescents et jeunes adultes français est toujours perturbée par la pandémie de Covid-19 et ses conséquences. En ce printemps 2022, on observe ainsi toujours un important taux de passage aux urgences pour tentative de suicide.

La crise sanitaire liée au Covid-19 a fait exploser le mal-être chez les jeunes : deux ans après, la vague de problèmes psychiatriques n’est pas retombée et inquiète les médecins, d’autant que les moyens manquent pour y faire face.

Les tentatives de suicide chez les jeunes en hausse

« Depuis septembre 2020, on observe une nette hausse des passages aux urgences pour des tentatives de suicide », affirme Vincent Trebossen, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent à l’hôpital Robert-Debré (AP-HP), dans le nord-est de Paris.

Ces cas y ont augmenté de 25 % en janvier, février et mars 2022, par rapport à la même période de 2021.

Selon le dernier bulletin de Santé publique France, les passages aux urgences pour geste suicidaire, idées suicidaires et troubles de l’humeur chez les 11-17 ans se maintenaient début mai « à un niveau élevé », supérieur à celui observé début 2021.

Les jeunes filles davantage touchées

Si tous les milieux sociaux sont touchés, dans 80 % des cas les comportements suicidaires concernent des jeunes filles, ce qui n’est pas nouveau.

Dans le service de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent de Robert-Debré, on constate aussi un rajeunissement de l’âge des premiers passages à l’acte, et des prises de médicaments à des doses de plus en plus élevées.

« La hausse des crises se maintient dans le temps »

« À la sortie du premier confinement, on se disait que les circonstances étaient exceptionnelles, avec un niveau de stress extrêmement élevé ; la surprise, c’est que la hausse des crises se maintient dans le temps », souligne le Vincent Trebossen.

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Les médecins peinent à expliquer la poursuite d’une tendance enclenchée avant le Covid, qui s’est accélérée avec la crise sanitaire et ne s’est pas essoufflée depuis.

Accumulation des facteurs de stress

« C’est rarement une seule cause qui engendre un acte suicidaire, mais l’accumulation de facteurs de stress, sur un terrain plus ou moins vulnérable », relève Vincent Trebossen.

Parfois une simple « mauvaise note à l’école » peut tout faire basculer. Mais il est vrai que « le climat ambiant est assez difficile à vivre » pour un grand nombre de jeunes, reconnaît-il.

Guerre en Ukraine, anxiété écologique, difficultés socio-économiques sont autant de préoccupations qui sont venues s’ajouter à des édifices mentaux déjà fragilisés par la crise sanitaire.

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