Covid-19 : des chiens capables de détecter la maladie aussi efficacement qu’un test PCR

Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour détecter une infection à la Covid-19. La plus connue et la plus employée dans le monde : les tests de dépistage. Certaines études ont assuré que les montres et les bracelets connectés pouvaient également déceler le virus avant même l’apparition des premiers symptômes. Dans le même registre, on retrouve aussi le patch connecté à placer sur la gorge. Autre méthode pour détecter le coronavirus : les chiens renifleurs.

Bien que cette technique soit, pour l’heure, encore à l’état de test, certains pays comme la Finlande ont sauté le pas. À l’aéroport d’Helsinki, les voyageurs qui le désirent peuvent savoir s’ils ont contracté ou non la Covid-19, grâce au flair des chiens formés à renifler l’odeur des personnes porteuses du virus. D’autres pays, qui n’utilisent pas encore cette méthode, entraînent les chiens afin qu’ils détectent le virus. C’est le cas de la France, qui vient d’être suivie récemment par l’Allemagne.

Comment sont formés ces chiens renifleurs pour dépister la Covid-19 ?

Pour identifier la présence de la Covid-19, les chiens doivent renifler l’odeur des substances sécrétées par le corps humain lors d’une infection au coronavirus. En France, le principe est simple. Les formateurs apprennent aux chiens à glisser leur museau dans des cônes. Dans ces cônes sont placés des échantillons de sueurs, plus précisément des compresses imbibées de sueur.

Certains prélèvements proviennent de personnes contaminées et d’autres d’individus qui n’ont pas contracté le virus« On a opté pour des compresses sur laquelle on recueille de la sueur car elle n’excrète pas le virus et il y a peu de chance d’avoir une contamination passive », a déclaré le professeur de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, Dominique Grandjean, dans une interview accordé à Libération en décembre dernier.

Les chiens reniflent chaque cône et apprennent progressivement à distinguer les échantillons de personnes touchées par le virus, des prélèvements neutres, puis ceux des personnes non-porteuses de la Covid-19. « Quand il sent un prélèvement positif, le chien récupère son jouet », a indiqué le professeur lors de l’interview.

Covid-19 : les chiens renifleurs, efficaces que les tests PCR

L’utilisation de chiens renifleurs pour repérer les personnes porteuses du virus pourrait se généraliser car selon une étude, publiée le 10 décembre dernier dans la revue Plos One, le taux de réussite par chien renifleur varierait entre 76% et 100%. « Ces résultats prouvent que les chiens renifleurs peuvent être capables de faire la différence entre les échantillons de sueur provenant d’individus porteurs de la Covid-19 et ceux provenant d’individus négatifs au coronavirus », peut-on lire dans l’étude.

« Les six chiens entraînés trouvaient des prélèvements positifs au Covid avec un taux de réussite de 76 à 98% sur la moyenne de l’ensemble des chiens et 100% pour certains. Donc cela veut dire qu’ils ne ratent pratiquement pas de sujets positifs. Les tests antigéniques, eux, ont une capacité de détection de 57% [passé trois jours de délai, ndlr] et pour les tests PCR, cela dépend du nombre de cycles, avec le risque qu’il y ait des faux positifs », a spécifié à Libération le professeur Dominique Grandjean. En clair, les chiens renifleurs seraient aussi performants que les tests PCR.

Des chiens renifleurs, en complément des tests, pour détecter les personnes positives à la Covid-19

Le professeur a expliqué, à France Culture, que les chiens renifleurs ne peuvent pas se substituer aux tests de dépistage« Il ne s’agit pas de remplacer les autres tests de dépistage, mais en complément ou en pré-test, le chien fait le boulot pour détecter le Covid-19 », avait-il indiqué à Libération. Selon lui, cette méthode de dépistage complémentaire permettrait de faire « une sorte de premier tri qui sera ensuite validé par des prélèvements analysés en laboratoire. »

L’OMS s’intéresse aux chiens renifleurs de Covid-19

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a eu vent de cette innovation. L’autorité sanitaire s’est penchée sur la question et a contacté le professeur Dominique Grandjean en octobre dernier. « Ils sont intéressés par notre méthode, nous leur avons envoyé notre protocole. On attend toujours. Si l’OMS nous dit de foncer, je ne vois pas comment l’État français pourrait dire non », avait-il indiqué au Figaro. L’organisation a organisé une réunion avec l’équipe du professeur la semaine dernière afin qu’elle puisse présenter ses résultats, selon France Culture.

Laisser un commentaire

Connexion avec