Coronavirus : la “distanciation sociale” validée par des experts pour freiner l’épidémie

Coronavirus : la “distanciation sociale” validée par des experts pour freiner l’épidémie

Parmi les mesures “barrière” énoncées pour lutter contre le coronavirus, la distanciation sociale est assez contraignante, notamment pour se saluer. Elle est cependant très efficace pour ralentir la propagation du virus, selon des spécialistes.

Nous qui avions jusqu’ici l’habitude de se faire la bise ou de se serrer la main à tout va, nous voilà réduits à un simple coucou “de loin”, coronavirus oblige. La distanciation sociale, autrement dit le fait de demeurer à au moins un mètre d’autrui, et d’éviter les rassemblements, fait partie des gestes “barrière” recommandés par les autorités sanitaires et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour limiter la propagation du coronavirus Covid-19.

L’essentiel est de réduire les contacts entre les personnes, et c’est particulièrement vrai pour les personnes vulnérables”, a ainsi déclaré Marc Lipsitch, professeur d’épidémiologie et directeur du Center for Communicable Disease Dynamics de la Harvard T.H. Chan School of Public Health (Boston, États-Unis). Même son de cloche du côté d’Ashish Jha, directeur du Harvard Global Health Institute (HGHI), qui recommande aux hôpitaux d’accorder la priorité au maintien de la santé et de la sécurité de leurs médecins et infirmières, et d’annuler certaines chirurgies non urgentes. “Je pense que nous vivons une année très difficile”, et que “cela va consumer une grande partie de 2020”, a ajouté le spécialiste.

Ne pas saturer le système de santé

Pourtant, étant donné que plusieurs experts estiment qu’à terme, jusqu’à 70% de la population pourrait être infectée par le coronavirus, à quoi bon essayer de contenir l’épidémie ? Il s’agit simplement de s’assurer que nos systèmes de santé pourront faire face à tous les cas nécessitant une hospitalisation, et seront ainsi en mesure de limiter le nombre de décès. Comme l’explique le professeur de physiologie intégrative Matthew McQueen, dans un article de The Conversationl’idée est d’aplatir la courbe représentant le nombre de cas en fonction du temps. Plutôt que de laisser le virus se répandre rapidement dans la population, saturant les systèmes de santé, l’idée est de faire en sorte qu’il se propage sur une plus longue période.

Dès lors, la distanciation sociale prend tout son sens, puisqu’une personne atteinte peut facilement contaminer autrui par un contact rapproché.  “La distanciation sociale nécessite des changements dans la façon dont les gens travaillent, vivent et interagissent les uns avec les autres. Cela peut nécessiter d’annuler ou d’éviter de grands événements, de limiter les déplacements non essentiels et de reprogrammer les conférences. L’enseignement traditionnel en classe peut devoir passer à sa version en ligne”, énumère ainsi le Pr McQueen. Toute la difficulté réside alors à trouver le juste équilibre entre les efforts de santé publique visant à “aplatir la courbe” coûte que coûte et les désirs de minimiser l’impact de cette situation sur l’économie.

Globalement, les experts s’accordent à dire que les mesures de confinement mises en place permettent bien de freiner la propagation du coronavirus, comme en témoigne la situation en Chine, où le nombre de nouveaux cas par jour est passé de plus de 15 000 à moins de 50 par jour entre le 9 et le 12 mars.

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