Conflits, Covid-19 et climat : l’insécurité alimentaire mondiale atteint un nouveau record en 2021

Avant même la guerre en Ukraine, l’insécurité alimentaire aiguë a atteint un nouveau sommet en 2021, frappant près de 40 millions de personnes supplémentaires, alerte ce mercredi 4 mai 2022 le réseau mondial sur les crises alimentaires.

En 2021, 193 millions de personnes dans le monde ont été touchées par l’insécurité alimentaire aiguë, soit 40 millions de plus que l’année précédente, alertent ce mercredi 4 mai 2022 17 acteurs du réseau sur les crises alimentaires, créé en 2016 par l’Organisation des Nations unies. Pour ces habitants de 53 pays, une aide alimentaire d’urgence est nécessaire pour survivre.

Avant même la guerre en Ukraine, déclarée par la Russie le 24 février 2022, les chiffres de l’insécurité alimentaire n’ont cessé de croître « à un rythme alarmant », « avec des hausses ininterrompues chaque année depuis 2018 » et un record en 2021, souligne le Programme alimentaire mondial (PAM).

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Les conflits, un facteur majeur

La hausse enregistrée en 2021 découle d’une « triple combinaison toxique de conflits, d’événements météorologiques extrêmes, et de chocs économiques », détaille la FAO.

Les conflits restent le principal facteur d’insécurité alimentaire pour 139 millions de personnes, les pays en proie à des crises politiques et humanitaires comme la République démocratique du Congo (RDC), l’Éthiopie, l’Afghanistan et le Yémen étant les plus affectés.

Les difficultés économiques liées à la pandémie de Covid-19 ont aussi poussé 30,2 millions de personnes vers la faim aiguë.

S’ajoutant aux épisodes de sécheresses extrêmes et maintenant à la guerre en Ukraine, les crises s’accumulent et sont « autant de facteurs qui exacerbent » les risques en Afrique, alertent les spécialistes. Du sud de l’Éthiopie au nord du Kenya en passant par la Somalie, 20 millions d’habitants de la Corne de l’Afrique sont aujourd’hui menacés par la faim.

Grave danger pour les enfants

Selon Catherine Russell, directrice exécutive de l’Unicef, la mortalité infantile des moins de cinq ans a augmenté dans le monde en 2021, a-t-elle signalé mercredi. Pourtant, le montant de l’aide internationale versée à 55 pays et territoires était au niveau le plus bas enregistré depuis cinq ans, déplorent les membres du réseau.

En Éthiopie, au Soudan du Sud ou à Madagascar, plus d’un demi-million de personnes ont eu besoin d’une « action urgente pour éviter l’effondrement généralisé des moyens de subsistance, la famine et la mort », ce chiffre ayant été multiplié par six depuis 2016.

La guerre en Ukraine « a déjà mis en évidence la nature interconnectée et la fragilité des systèmes alimentaires », relève l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui prévient que « les perspectives d’avenir ne sont pas bonnes ».

Des projections sombres pour l’avenir

« Ce que l’on voit aujourd’hui est inacceptable […] nous devons garantir la durabilité des systèmes alimentaires, notamment pour les plus vulnérables », a défendu Qu Dongyu, directeur général de la FAO, lors d’une présentation du rapport mercredi.

L’invasion russe de l’Ukraine, en cours depuis fin février, promet d’aggraver les fragilités des pays très dépendants des exportations de céréales ou d’engrais russes et ukrainiens, comme la Somalie. De même que la terrible sécheresse qui frappe la Corne de l’Afrique en ce moment.

Les projections pour 2022, qui n’incluent à ce stade que 42 des 53 pays concernés, estiment que 179 à 181,1 millions de personnes pourraient souffrir d’insécurité alimentaire aiguë cette année.

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