« Co-infection » à la Covid-19 : ce phénomène inquiétant qui apparaît à cause des variants

« VOC-202012/01 », « 501.V2 », « B.1.1.248″… Derrière ces noms de code se cachent les variants britannique, sud-africain et brésilien du coronavirus. S’ils inquiètent autant, c’est parce qu’ils sont particulièrement contagieux et qu’ils se diffusent rapidement sur le territoire français. A ce rythme-là, le variant anglais pourrait d’ailleurs devenir majoritaire en France début mars, selon les experts.

Pour tenter de limiter la propagation de ces mutations, un nouveau protocole sanitaire a d’ailleurs été dévoilé par la direction générale de la santé. En cas de contamination par la souche sud-africaine ou brésilienne, un isolement de 10 jours – contre 7 jours jusqu’à présent – est désormais nécessaire. Dans les écoles, la fermeture d’une classe est maintenant déclarée quand un enfant est contaminé par l’un des deux variants ou est un cas contact d’un membre de sa famille contaminé par l’une des deux souches.

Mais les variants n’ont pas fini de dévoiler leurs secrets : une récente étude parue dans la revue de pré-publication scientifique medRxiv révèle des cas de patients infectés simultanément par deux souches différentes du coronavirus.

Un phénomène qui pourrait accélérer le développement de nouvelles souches

Pour les besoins de ces recherches, les scientifiques de l’université Feevale, au Brésil, ont réalisé des prélèvements sur 92 volontaires touchés par la Covid-19 à la fin du mois de novembre. Ils ont constaté que deux participants étaient infectés par deux souches différentes du virus. Cette co-infection ne semble pas avoir aggravé leur état : les patients souffraient de toux, de maux de gorge, de maux de tête, et n’ont pas eu besoin d’être hospitalisés.

Cette découverte pose néanmoins question, car la co-infection pourrait favoriser et précipiter l’apparition de nouveaux variants du coronavirus, selon les chercheurs. « Ces co-infections peuvent générer des combinaisons et engendrer de nouveaux variants encore plus rapidement que ce qui s’est passé », explique à Reuters Fernando Spilki, virologue à l’université Feevale et auteur principal de l’étude.

Autre inquiétude soulignée par ce spécialiste : la co-infection ne peut se produire que lorsque différents virus sont transmis en grande quantité. La découverte de ces deux cas prouvent donc que ces mutations circulent beaucoup au Brésil.

« Co-infection » : une hypothèse à vérifier

Cette étude n’a cependant pas encore été validée par ses pairs et ses conclusions tendent donc à être vérifiées, d’autant qu’un scientifique interrogé par le Daily Mailmais qui a souhaité rester anonyme, avance une autre hypothèse : selon lui, il est possible que les chercheurs aient contaminé leurs échantillons lors du séquençage, ce qui aurait conduit à des résultats incorrects.

Pour le professeur Keith Neal, expert en maladies infectieuses à l’université de Nottingham (Royaume-Uni) également interrogé par le Daily Mail, il est effectivement possible d’« attraper deux virus différents en même temps ». Cependant, lorsqu’une souche est prédominante, comme c’est le cas en Europe, celle-ci prend le dessus.

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