Avis pour l’opérationnalisation de la Stratégie de vaccination COVID-19 pour la Belgique

Avis pour l’opérationnalisation de la Stratégie de vaccination COVID-19 pour la Belgique

La Belgique traverse une crise sanitaire sans précédent, qui a d’immenses conséquences sur la société et
l’économie. Un traitement curatif n’a pas encore été trouvé. Dès le début de la pandémie de COVID-19,
différents instituts de recherche et producteurs de vaccins dans le monde ont commencé à développer un vaccin
contre le Sars-Cov-2.
Dans l’intervalle, la Belgique a souscrit à 4 vaccins potentiels dans le cadre des options d’achat conclues par la
Commission européenne. Au cours de l’été, un comité consultatif spécifique a été mis en place à cet effet et a
analysé tous les dossiers d’achat. Les quantités devraient, en principe, être suffisantes pour pouvoir vacciner
tous les groupes cibles. À ce jour, aucun vaccin n’a encore été approuvé par l’Agence européenne des
médicaments (EMA) et nous ne sommes pas encore en mesure de les évaluer scientifiquement. Une fois que ce
sera le cas, un premier stock limité de vaccins sera probablement disponible pour la Belgique au début de 2021.
La conférence interministérielle a récemment défini les principes de la stratégie de vaccination. L’objectif
consiste à vacciner au moins 70 % de la population. La vaccination est volontaire et gratuite pour chaque citoyen.
L’ensemble du programme de vaccination est cofinancé par le gouvernement fédéral et les entités fédérées.
Afin d’assurer le bon déroulement du programme de vaccination, un groupe de travail sur l’opérationnalisation
de la stratégie de vaccination COVID-19 a été mis en place au sein du Commissariat Corona du gouvernement.
Ce groupe de travail se compose de scientifiques, de représentants des administrations fédérales et des entités
fédérées et, le cas échéant, d’autres représentants et groupes de travail. Si l’Agence Fédérale des Médicaments
et des Produits de Santé est responsable de l’achat et de la distribution, l’administration des vaccins sur le terrain
est organisée par les entités fédérées.
Cet avis consultatif décrit en termes concrets la manière dont la stratégie de vaccination peut être hiérarchisée
et déployée, de la distribution à l’administration au patient, au prestataire de soins ou au citoyen. Une
information transparente sur ce que nous savons des vaccins en constitue le fil conducteur. De nombreux
prestataires de soins de santé et différents niveaux de pouvoir auront, à nouveau, un rôle important à jouer
dans le processus logistique et organisationnel, ainsi que dans la communication. La route est encore longue,
mais une lueur se profile au bout du tunnel.

La COVID-19 est causée par le nouveau coronavirus Sars-Cov-2 qui a été identifié au début de 2020 après une épidémie causée par ce virus en Chine, à la fin
de 2019. Il a été détecté en Thaïlande, au Japon et en Corée du Sud à la mi-janvier et avant le 1er février 2020 en Europe, en Australie, aux États-Unis et au
Canada. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a qualifié l’épidémie de Sars-Cov-2 de pandémie le 11 mars 2020. Selon les chiffres de l’OMS, le nombre
de cas confirmés s’élève désormais à plus de 61 millions dans le monde et le nombre de décès confirmés, à près de 1,5 million. Par rapport à la population
mondiale totale, il est question de 0,8 % d’infections (soit 1/120 personnes) et de 0,02 % de décès (soit 1/5400 personnes). Les chiffres réels seront beaucoup
plus élevés, car chacun n’est pas testé partout dans le monde quant à la présence d’une infection, ou quant à la cause du décès en cas de décès.
Avec quelque 13 millions de cas confirmés et 260 000 décès confirmés à ce jour, les États-Unis sont le pays le plus touché à ce jour. En Europe, la France,
l’Espagne et l’Italie ont les taux de prévalence les plus élevés. L’Italie présente le taux de mortalité le plus élevé, avec plus de 50 000 décès. La Belgique a
également une charge de morbidité élevée : environ 570 000 cas confirmés (48 044/1 million d’habitants) et plus de 15 000 décès confirmés (1339/1 million
d’habitants) avaient été notifiés au 28 novembre 2020, avec actuellement un taux de mortalité cumulé sur 14 jours de 18,5 pour 100 000 habitants. Lors de
l’interprétation de ces données, il convient de tenir compte des différences dans la politique de test et la manière de rapporter les chiffres entre les pays. En
outre, en raison de l’adaptation des stratégies de dépistage aux différentes phases de la pandémie, toutes les personnes qui sont ou ont été malades n’ont
pas été testées pour la présence du Sars-Cov-2, ce qui explique que le nombre réel d’infections est probablement plus élevé que celui qui est rapporté.
La COVID-19 entraîne une infection des voies respiratoires qui, dans la plupart des cas, se résorbe légèrement en quelques jours, voire quelques semaines,
bien que des symptômes prolongés, tels que la fatigue, puissent se manifester. L’infection peut également être très grave et entraîner une hospitalisation et
la mort. C’est le cas lorsque le virus atteint les voies respiratoires inférieures et affecte les vésicules pulmonaires, entraînant une pneumonie (bilatérale). Le
tableau clinique peut soudainement s’aggraver, car la réplication du virus et l’hyper-réactivité du système immunitaire entraînent des dommages
supplémentaires aux poumons, ce qui peut provoquer un syndrome de « détresse » respiratoire aiguë, entraînant un manque d’oxygène encore plus important
chez les patients et nécessitant une ventilation invasive dans une unité de soins intensifs (USI). Outre les problèmes respiratoires, l’infection peut également
entraîner des problèmes cardiaques (graves) tels que l’inflammation du cœur et des troubles neurologiques, y compris des maladies inflammatoires du
cerveau. Les problèmes de coagulation (tels que l’embolie pulmonaire), l’infarctus du cœur ou du cerveau, le choc septique et la défaillance multiviscérale
peuvent aggraver encore le tableau clinique et aboutir au décès du patient. Après guérison de la COVID-19, les patients peuvent continuer à souffrir de troubles
pulmonaires, cardiaques ou neurologiques. Cela peut également survenir chez les patients qui ont eu une infection légère. On ignore encore beaucoup de
choses sur la gravité et la durée de ces affections à long terme. Les patients USI peuvent souffrir du syndrome « post-traitement intensif », un ensemble de
troubles physiques, psychologiques et cognitifs susceptibles de persister pendant des années.

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